Les besoins des acteurs
- Un besoin de circulation de l'information
- Un besoin de concertations nationales
- Un besoin de communication externe
- Un besoin de liaison entre les diverses filières institutionnelles
- Un besoin d'échanges et de présence sur l'échiquier international
- Un besoin de meilleure connaissance de "l'art choral français"
- La question de l'état des lieux national des pratiques vocales
- Une complémentarité aux missions de la Cité de la Musique
Un besoin de circulation de l'information
Dans le domaine de la communication interne, il est extrêmement difficile de faire circuler des informations : il existe tout simplement un problème de recensement et de mise à disposition des coordonnées et des informations sur les chœurs. A l'exception du "Réseau Musique et Danse" et d'initiatives privées à l'envergure limitée, il n'y a aucune base de données de ce type. La conséquence de cet état de fait est que même l'information utilitaire quotidienne (recherche ou promotion de chefs, de choristes, de partitions, de concerts, de manifestations diverses…) n'atteint pas ses propres réseaux.
L'Institut Français d'Art Choral, peut apporter des réponses à cette situation, par l'ouverture en particulier d'un site Internet qui est à la fois un portail vers l'ensemble des sites dédiés à l'art choral et un moyen d'accéder aux informations recueillies par l'IFAC.
Un besoin de concertations nationales
Dans le domaine de la concertation, les besoins sont immenses. Deux exemples permettent d'en prendre la mesure : l'enseignement maîtrisien et l'enseignement de la direction de chœur. Mais on pourrait aussi citer les chœurs régionaux, la place du chant choral dans les écoles de musique, etc.
Le réseau national des Missions voix en région tente de répondre à ces besoins (organisation en 2000 et 2001 d'une rencontre nationale des responsables de maîtrises, par exemple). Mais leurs missions génériques liées aux pratiques vocales (au pluriel) fait que les chantiers sont pour ce réseau multiples, et tous importants. Dans le domaine de chantiers d'envergure nationale ou internationale consacrés à l'art choral, d'une part les limites du réseau des MVR en termes de moyens sont vite atteintes, d'autre part un investissement disproportionné sur le seul art choral risque de les faire entrer en contradiction avec les orientations de leur document cadre.
En mettant à la disposition des MVR et des structures et institutions concernées un outil d'expertise et de partenariat sur les chantiers d'envergure nationale explicitement liés à l'art choral, l'IFAC non seulement offre un lieu clairement dédié à l'étude de telles questions, mais permet aussi aux Missions voix en région de développer, conformément à leur document-cadre, leur investissement sur les problématiques générales de développement des pratiques vocales.
On pourrait penser que c'est à l'Etat (DMDTS) d'organiser directement de telles concertations. Aujourd'hui, rien n'est moins sûr, car on peut aussi considérer que, si l'Etat a su permettre l'émergence de cet art choral, ce sont désormais ses acteurs qui doivent imaginer la phase suivante de son développement, démontrant ainsi la maturité de cet art. C'est une idée maîtresse qui éclaire les principes fondateurs de l'IFAC.
D'une manière plus générale - mais toujours dans le domaine de la concertation - il semble aujourd'hui nécessaire que les services de l'Etat aient au niveau national un interlocuteur qu'on pourrait qualifier de générique. Si l'on s'en tient aujourd'hui à la seule Direction de la Musique, de la Danse, du Théâtre et des Spectacles (DMDTS), on voit que l'art choral qui, pour des raisons d'histoire, apparaît principalement rattaché au Bureau des pratiques des amateurs,"émarge"en fait dans plusieurs Bureaux et plusieurs sous-directions :
-
pratiques des amateurs,
-
création et production,
-
enseignements,
-
patrimoine,
-
écritures,
-
action régionale.
-
à travers la Commission permanente des MVR et le réseau lui-même, un interlocuteur générique sur le développement des pratiques vocales (dont les pratiques chorales).
-
à travers l'IFAC (lui-même étroitement lié aux MVR), un interlocuteur plus particulièrement investi dans l'art choral.
Un besoin de communication externe
L'art choral est souvent ignoré, ou méconnu. L'image qu'en ont certains décideurs ne reflète pas son importance culturelle et la profondeur de son évolution. Ce constat n'est d'ailleurs pas sans conséquences sur les difficultés de cette évolution. A nouveau, l'exemple de l'enseignement maîtrisien pourrait illustrer cet état de fait indéniablement lié à une lacune de communication au-delà des réseaux spécialisés.
L'existence de l'IFAC jouant à l'échelon national le rôle d'interlocuteur repéré et doté d'une forte capacité d'expertise permettra une meilleure appréhension des enjeux par les partenaires politiques et financiers. Cette capacité est renforcée par la dimension authentiquement fédératrice de l'IFAC, entendue ici au sens où il n'exclut personne de sa réflexion.
Un besoin de liaison entre les diverses filières institutionnelles
C'est précisément l'indépendance de l'IFAC et la grande diversité des fonctions et des expériences de ses membres qui lui permettent de jouer un rôle efficace d'interface entre les institutions - l'Education nationale et la Culture par exemple - s'occupant de près ou de loin de pratique chorale.
Un besoin d'échanges et de présence sur l'échiquier international
Institutionnellement, la France a un grave problème de représentation à l'échelon international. Alors que de nombreux pays sont représentés par des institutions nationales dédiées à l'art choral ou au chant choral (ces institutions sont de nature d'ailleurs diverses : associations nationales de chefs de chœur comme en Grande-Bretagne, instituts nationaux comme aux Pays-Bas, vastes confédérations comme au Danemark, etc.), la France n'en est pas dotée. C'est ainsi qu'on a assisté à plusieurs reprises à des colloques internationaux au cours desquels, dans les documents distribués sur les situations nationales, la France ne figurait pas.
Par ailleurs, il est urgent de développer les échanges internationaux, qu'il s'agisse d'information, de connaissance approfondie d'autres réalités nationales ou d'échanges musicaux.
L'IFAC peut être l'interlocuteur privilégié de divers réseaux internationaux, formels ou informels, dont - bien entendu - la "International Federation for Choral Music".
Un besoin de meilleure connaissance de "l'art choral français"
Sans doute l'art choral français justifie-t-il qu'un lieu soit, entre autres missions, consacré à sa connaissance et à son rayonnement.
C'est vrai pour la création contemporaine (recensement des œuvres - y compris celles qui ne sont pas éditées -, promotion de ces œuvres en France et à l'Etranger…), mais c'est vrai aussi pour le patrimoine.
En termes de recherche, l'IFAC pourra contribuer à éclairer cette subtile et délicate question du"style français", par ailleurs si difficile à appréhender, mais dont l'existence est, au-delà de l'écriture, attestée par tant d'enregistrements et de manifestations publiques.
Quoi qu'il en soit, il y a là, en terme de culture, un chantier déjà très largement ouvert ici ou là (et parfois de façon brillante), mais pas encore synthétisé.
La question de l'état des lieux national des pratiques vocales
Les Missions voix en région ont entrepris depuis 1999 des états des lieux régionaux. Les questionnaires (chœurs, chefs, pratiques chorales dans les écoles de musique) ont été concertés au niveau national et il a été convenu qu'ils seraient communs. Reste la question de la synthèse nationale de ces états des lieux régionaux.
En collaboration avec les Missions Voix en Région, le Réseau Musique et Danse (RMD) et le futur Observatoire de la musique, l'IFAC pourra travailler à cette synthèse nationale, et surtout à l'analyse de cette synthèse. Cela permettrait de dégager des problématiques susceptibles de contribuer à tracer une ambition et une politique nationales dans le domaine du développement de l'art choral. L'IFAC pourrait présenter à l'Etat des propositions motivées.
L'actualisation régulière de cet état des lieux national (c'est-à-dire les enseignements tirés des photographies périodiquement renouvelées) pourrait permettre de lire en tendance, mais aussi en réalités chiffrées, l'évolution de ce développement.
Il serait par ailleurs utile d'introduire dans cet état des lieux les données du Ministère de la jeunesse et de l'éducation nationale (pratiques chorales dans les écoles, collèges, lycées, universités).
Une complémentarité aux missions de la Cité de la Musique
La Cité de la musique a entrepris ces dernières années plusieurs actions touchant à l'art choral (classes de maîtres, résidences, colloques, publications), dans la logique d'excellence propre à sa vocation. Mais par ailleurs, dans les domaines qui sont ceux de l'IFAC, l'art choral a besoin d'un outil qui lui soit spécifiquement dédié et qui soit susceptible d'être pour la Cité de la musique un partenaire privilégié dans ce qui touche à cet art.
Quel lieu est aujourd'hui capable de poursuivre et d'amplifier le travail de recherche, souvent jugé essentiel, entamé ces dernières années par la Cité de la musique ? L'IFAC apporte une réponse à cette question en y ajoutant une dimension de permanence. La notion de continuité est, rappelons-le, au cœur du projet de l'IFAC.
L'IFAC souhaite donc être pour la Cité de la musique un partenaire parmi d'autres, recherchant communément des points de jonctions et des opportunités de collaboration.